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Ces dernières années, Tunis est en train de croître sur un rythme de plus en plus effréné, nettement au dessus de celui du reste du pays, à de rares exceptions régionales près.
Développer la Capitale c'est bien, mais concentrer pratiquement tous les efforts de développement sur elle, presque en exclusivité, n’est certainement pas à l’avantage du pays dans son ensemble. Une métropole de plus en plus attractive et surpeuplée devient encombrée et donc gourmande en investissements nouveaux; par ailleurs cela ne peut se faire qu’au détriment des régions victimes de l’exode, abandonnées et par voie de conséquence condamnées à régresser.
Une telle escalade instaure fatalement un cercle vicieux dont il sera difficile de sortir un jour sans la mobilisation de moyens considérables, autant de dépenses qui auraient pu être évitées par un développement harmonieusement réparti dès le départ à l’ensemble du pays.
Parcourir Tunis aujourd’hui, c'est éprouver un agréable sentiment où se mêlent émerveillement et fierté, bonheur et plaisir de vivre. Cette ville, chargée d'histoire et de modernité, séduit le visiteur et lui donne l’envie d’y prolonger son séjour, voire s'y installer définitivement. L’émerveillement s’intensifie au fil des innombrables découvertes ; le monumental pont de Rades-La Goulette et les multiples échangeurs, la splendide banlieue nord (Sidi-Bousaid, La Marsa, Les berges du Lac, etc.) que l’on peut visiter en empruntant le transport en commun (métro léger, TGM, bus), Tunis-Centre embelli et métamorphosé, la Médina savamment restaurée, le tout baignant dans une ambiance marquée par le luxe et la recherche du prestige et une animation soutenue par l’abondance des programmes et des événements culturels (Festival de Carthage, JCC, etc.). Tous ces prestigieux et précieux acquis sont à préserver avec fierté et l’effort consenti pour leur réalisation est à saluer.
On ne saurait correctement oublier d’ajouter à la liste le grandiose Complexe Culturel en construction et les méga-projets à venir, aux maquettes à faire rêver, tels que ceux de Sama Dubai, Tunis Sport City, RFR, et autres splendeurs …
Cette esquisse de la situation à Tunis explique en partie pourquoi la Capitale abrite plus de 20% de la population nationale. Par sa prospérité, son développement soutenu, les facilités et la "qualité de vie" qu’on y trouve, elle attire les gens de tous les niveaux sociaux et de toutes les régions. L'ouvrier y trouve sans peine du travail, le cadre plus d'opportunités d'emploi, l’artiste un champ d’épanouissement, alors que l'entrepreneur et l'homme d'affaires y vont chercher les commodités et la proximité des instances administratives, centre de toutes les décisions. La croissance démographique de la mégapole nécessitera de plus en plus d’investissements et poussera l'Etat à lui accorder un traitement de faveur de plus en plus manifeste par rapport aux régions.
Dans cette disparité qui grève le développement des régions, Sfax est l'exemple le plus flagrant. En effet, la deuxième ville du pays ne peut pas demander à jouir des avantages de la Capitale, mais ne peut pas -non plus-ne pas se comparer à elle, toutes proportions gardées. Sfax, appelée autrefois capitale du sud, abritant environ 10% de la population et ayant un potentiel économique et humain reconnu a perdu au fil des années sa place et son importance, tout son charme et son attractivité.
Oubliée et exclue de toutes les priorités en matière d’investissements étatiques nouveaux, livrée à la pollution et souillée, elle est devenue le symbole de l’environnement dégradé, le prototype de l’anarchie et de la régression économique. Le résultat attendu et constaté fut un mouvement d’exode de la majorité de sa population active, vers Tunis en particulier ; c’est que Sfax n'est plus la ville belle et laborieuse où il est bon de vivre et facile d’entreprendre.
Ainsi, sur tous les plans, l’écart de plus en plus évident au fil du temps se creuse entre la Capitale et le reste du pays.
- En matière d’infrastructures et à titre d’exemple il y a environ 30 échangeurs à Tunis (plus deux en cours de construction) alors que le reste du pays n'en possède même pas le quart, et un seul à Sfax traîne encore à l’état de chantier depuis 2005.
Tunis compte 6 lignes de métro alors que le transport urbain des autres villes vit d’énormes difficultés. Mieux encore, tous les moyens sont déployés pour développer davantage le réseau de transport en commun à Tunis (projet RFR, ligne de métro pour la cité Ennasr, acquisition de bus) alors que Sfax attend son métro depuis 20 ans. L'attente se poursuit en dépit des réclamations populaires insistantes et de la demande formulée à l’Assemblée nationale par un député de Sfax, Monsieur Thameur Driss. Les études sont toujours en cours et aucune échéance ne semble avoir été fixée.
- Sur le plan culturel, tant dans l’évolution des infrastructures que des activités, la différence est démesurément énorme entre Tunis et les autres villes où se fait sentir le besoin, Sfax en particulier.
- En termes d'administration publique (hautement et résolument centralisée) les représentations régionales comptent pour très peu ; la Capitale abrite tout.
- Ce n’est guère mieux pour le secteur privé, puisque les sièges sociaux des grandes firmes se trouvent elles-aussi à Tunis.
Si par contre le développement avait concerné parallèlement et dans l’harmonie les diverses régions du pays, les citoyens des régions n’auraient pas éprouvé l’envie ni le besoin de migrer à Tunis.
Si l'Administration était moins centralisée, la concentration démographique à Tunis ne serait pas ce qu’elle est et les flux de circulation automobile auraient été mieux répartis sur notre territoire. Ce serait avoir moins d’embouteillages et de dépenses en infrastructures (échangeurs et autres) sur la Capitale.
Kairouan -par exemple- représente une des solutions stratégiques en ce sens.
En toute logique, cette ville, qui jouit d'une situation géographique centrale privilégiée, pourrait jouer le rôle d'une capitale administrative et améliorer ainsi la relation des régions avec l'Administration Centrale. Cela faciliterait l’accès des établissements publics centraux aux Tunisiens des diverses régions en leur épargnant beaucoup de "temps perdu, coûts et risques de déplacements" ; cela ferait faire une économie d’énergie et contribuerait ainsi à mieux sauvegarder l’environnement.
Notre pays, fort de sa prospérité méritoire a fait d'énormes pas vers la modernité. Il est plus que nécessaire aujourd'hui de consolider cette position et concevoir autrement les plans de développement régionaux en accordant sa pleine importance à l'intérieur du pays. Ceci aurait accéléré davantage la croissance globale du pays et aurait fait profiter plus équitablement tous les Tunisiens sans exception, dans un esprit de réelle solidarité.
Si l’Etat engage de plus en plus des dépenses aussi consistantes dans la Capitale et dans les quelques autres "sites privilégiés" pour le bien-être de ceux qui y résident et pour le prestige du pays, c’est qu’il est en mesure d’assurer un minimum décent pour les citoyens du « reste » des régions en toute logique et équité. Ainsi et entre autres, Sfax doit -bien entendu- avoir le statut reconnu et les attributions légitimes de deuxième ville du pays.
Tout est question de choix, de décision et de volonté !!!
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"Dans cette disparité qui grève le développement des régions, Sfax est l'exemple le plus flagrant".
en matière d'impôts, sfax est la première ville qui doit collecter les impôts.mais comme compte rendu (infrastructure, loisirs, etc) on reçoit rien.
aussi la mentalité des sfaxiens est un autre facteur aussi.
et enfin l'immigration de plusieurs sfaxiens (années 70 à Tunis et France)=>résultat: une ville pleine de "kaabouts"
c malheureux ça..wallah c malheureux