Après une longue hésitation, j’ai décidé d’apporter une contribution au débat sur le nautisme à Sfax en exposant notre expérience vécue …
Il y a 5 ans, de l’espoir suscité par le début de la réhabilitation du littoral (le projet TAPARURA), le Club Nautique de SFAX naissait (ou ressuscitait), avec pour vocations :
- de réconcilier les Sfaxiens avec la mer
- d’offrir a nos enfants la possibilité de pratiquer des sports nautiques durant toute l’année (voile, kayak, et autres…), et de donner aux plus doués d’entre eux l’occasion de briller dans ces disciplines à l’échelle nationale et, pourquoi pas, internationale.
- Enfin nous*(voir liste plus bas) avions l’insolente prétention de redonner vie au vieux port qui aurait dû et pu être l’un des plus beaux ports de plaisance de la Méditerranée.
Aujourd’hui on peut dire -non sans amertume- que notre conviction et nos efforts n’ont pas trouvé « le minimum d’écho » escompté auprès des décideurs et que Sfax semble fatalement affublée d’une étiquette indécollable : loisirs interdits.
Il n’en demeure pas moins qu’il est utile de relater notre modeste expérience, dans l’espoir de secouer les consciences et surtout de susciter quelques vocations ou quelques soutiens !
Mais tout ne fut pas déception. Coté positif, il y a lieu de mettre en exergue les réalisations du Club en question durant les deux premières années de son existence, qui ont eu au moins le mérite de montrer que rien n’est impossible pour qui veut entreprendre.
Aussi faut-il énumérer les réalisations, tout en rappelant les obstacles et les difficultés :
Le plus remarquable et incontournable fut la réalisation d’un noyau de port de plaisance à Chott Krekna, avec la construction de ponts flottants, de passerelle ayant accueilli une douzaine de hors-bords… ; ceci a redonné vie à ce plan d’eau exceptionnel qui était, faut-il le rappeler, dans une léthargie absolue (à laquelle il est hélas revenu) et qui représente pourtant un « trésor » inestimable, (esthétique, touristique et financier) que beaucoup d’étrangers nous envient, et dont peu de nos concitoyens réalisent la valeur et les potentialités.
Il faut rappeler que nous nous sommes évertués à construire quelques infrastructures pour accueillir les plaisanciers bien que l’effort dépasse normalement les moyens d’un club. Mais acculés face aux difficultés, nous avons assumé, avec des résultats plutôt encourageants. En fin de compte, certains obstacles se sont avérés pour nous trop lourd à supporter…
- Mais le pont « mobile » est resté désespérément immobile, et malgré les multiples tentatives et l’écoute compréhensive du Gouvernorat ; il demeure figé depuis sa construction victime de la frilosité et de l’immobilisme administratifs !
Ce pont figé, véritable verrou de Chott Krekna, fut au départ conçu en dépit de tout bon sens. Il aurait pu tout simplement se situer un mètre plus haut, et cela aurait suffi à laisser passer la plupart des embarcations habituelles, surtout à marée basse. Il fallait pour cela juste avoir le bon sens et le regard d’un marin !
Avec son niveau actuel, presque à la surface de l’eau, l’ouverture des ponts est requise pour le passage de pratiquement toute embarcation, en coordination avec le trafic routier et ferroviaire. C’est une contrainte certes et cela semble à priori compliqué, mais pas autant qu’on l’imaginerait, car le jeu en vaut la chandelle. Il faut savoir imaginer « le plus » que cela procurerait à la ville ; il faut imaginer un « Port Kantaoui » à Sfax, avec l’animation du centre ville et la multitude de bateaux de plaisance tunisiens et européens venus y accoster, de passage ou pour l’hibernation.
Au lieu de tout cela, le magnifique plan d’eau, unique en son genre, a été mis sous les verrous, derrière les barreaux d’un pont immobilisé, tel un innocent arbitrairement condamné.
Et pour les non-avertis, ce pont qui tomberait en panne menacerait de stopper le trafic, alors qu’il ne risque jamais de se bloquer en position levée.
- Mais la traversée obligée du port de commerce qui quoique semblable à celle de Sousse ou de Bizerte, semble poser plus de problèmes à Sfax.
- Enfin, le plus difficilement acceptable et le plus décevant est l’insuffisance sinon l’absence de soutien des instances locales municipales et des sponsors, ainsi que le « manque d’engagement » et l’attitude égoïste de certains concitoyens propriétaires de bateaux ; ces derniers sont disposés à débourser pour un anneau à Hammamet ou ailleurs, et rechignent à encourager à moindre prix l’initiative locale.
- Ajoutez à cela le fait que l’aménagement de la zone de Chott Krekna est encore à l’étude et en cours de conception, dans l’attente d’une décision finale !.
Tout cela révèle la multitude des difficultés auxquelles devait faire face notre club et prouve combien une telle entreprise dépasse les possibilités d’une démarche essentiellement sinon uniquement associative.
Tout aussi importante fut la création d’écoles de voile, de kayak et de pêche sportive, avec tantôt des résultats modestes et tantôt des performances remarquables. Ainsi le nom du Club de Sfax est maintenant inscrit dans les annales du Championnats du monde de pêche au Portugal ainsi que dans la régate Route d’Elissa à deux reprises !
La section VOILE
Un noyau d’une vingtaine d’adolescents a pu goûter aux plaisirs de la navigation à voile ; il a fait des démonstration qui furent remarquées et appréciées des innombrables promeneurs à Chott el Krekna et à Sidi Mansour !
Ces jeunes ont marqué leur présence dans les festivités de la Route d’Elissa deux années de suite et prouvé qu’ils pourraient avec un peu plus d’encadrement et de moyens aspirer à un couronnement national et même bien davantage.
La FTVoile nous a bien soutenus par la mise a disposition de quelques voiliers «optimistes»
La section KAYAK
Après des débuts très prometteurs, grâce à l’aide du Club de Bizerte et de la Fédération Tunisienne de Kayak, on a constitué un atelier pour fabriquer nous-mêmes les kayaks.
La section pêche sportive
Composée d’une équipe jeune et compétente avec à sa tête un arbitre fédéral, cette section a inscrit le nom du Club Nautique de Sfax dans les annales du championnat du monde tenu en 2006 au Portugal. Elle est active et participe régulièrement au championnat de Tunisie.
Ces résultats furent possibles grâce au soutien remarquable de M le Ministre du Tourisme, de M Le Gouverneur de Sfax, de la Société Taparura etc…et à l’omniprésence de certains membres dévoués. Tout aussi remarquable fut l’indifférence et même l’opposition d’autres structures locales, en premier lieu de la Mairie qui est pourtant principal responsable de l’animation de la ville et la détentrice de ce joyau délaissé.
Il faut reconnaitre que nos objectifs étaient plus ambitieux que les moyens et du soutien dont nous avons pu disposer ; cela nous laisse bien entendu amertume et déception.
D’autre part, l’approche globale et intégrée que nous avions souhaitée, et qui aurait pu permettre un certain équilibre financier (grâce aux apports de la section plaisance), n’a pas pu aboutir ; l’adhésion personnelle de ceux qui pouvaient adhérer à l’initiative locale s’est révélée en deçà des attentes.
Cependant Forts de l’expérience acquise durant ces quelques années, nous sommes en mesure de tirer les conclusions et retenir la leçon pour que l’avenir soit plus radieux ; pour redynamiser notre action et la rendre plus adaptée aux réalités, il faudrait la focaliser sur les secteurs ciblés dans une nouvelle approche et avec de nouvelles méthodes.
Il est clair qu’il faut mettre en veilleuse l’activité à Chott el Krekna, et je le dis la mort dans l’âme, en attendant que les choses se décantent et que les problèmes soient résolus ( Le pont mobile, la traversée du port de commerce, la concrétisation de la société de développement touristique de la zone, etc..).
Il faudrait mettre l’accent sur les sports nautiques, avec une meilleure information en collaboration avec les directions régionales de l’Education et des Sports.
En déplaçant le gros de notre action au nouvel espace de Taparura, on contribuerait à animer ce site qui en a grand besoin. Les rivages de Sfax sont particulièrement favorables à ce genre de sports, avec leurs eaux calmes et peu profondes. Nous sommes persuadés que dans ce contexte ce Club pourra former de nombreux champions dans plus d’une discipline.
En conclusion, je dirais que l’action dans le domaine des « sports et loisirs nautiques » ne saurait réussir que dans une conception globale, variée et complémentaire.
Cette action viserait à offrir une panoplie de propositions et diverses possibilités susceptibles d’attirer et de retenir la « clientèle » potentielle dont regorge certainement une ville de la dimension de Sfax.
Il est absolument aberrant et inacceptable que le Sfaxien qui pense aux « loisirs de la mer » soit obligé de regarder automatiquement au-delà de 40 Km.
Et quand commence l’été, paradoxalement notre « brave Sfaxien » va, sous le regard indifférent des responsables municipaux, chercher ailleurs et bien loin ce qui normalement devrait être à sa portée au cœur-même de la ville.
Avec patience et persévérance, la ville cessera de vivre bêtement privée de son littoral, et les préjugés qui ont fait de Sfax une ville morne et ennuyeuse finiront par se briser !… !
Anouar ABDELKAFI
(Sfax, juin 2009)
*PS : l’équipe : feu Anouar Achich, Najib Ghorbel,Mohsen Khlaf, Salah Ben Amor , Ghazi Mhiri, Tarak Fakhfakh, Riadh Ellouze, Farès Karray, et moi-même !
Situation antérieure - Expérience vécue!
|
|
|
Situation actuelle.. 4 Photos du 26 juin 2009
|
|
|
|
|
|
| Précédent | Suivant | |
|---|---|---|
| SfaxOnline fête son premier anniversaire ! Et ce n’est que le début … | Festival International de Sfax, absent du web ! |
- 06/07/2009 - بين بلدية صفاقس ومتساكنيها: تهم متبادلة... وأخطاء متقاسمة
- 30/06/2009 - SfaxOnline sollicite votre avis...
- 29/06/2009 - SfaxOnline fête son premier anniversaire ! Et ce n’est que le début …

Facebook
Twitter
Googlize this
Myspace
Yahoo





Espérons que les puissants groupes s'occuperont de la future Marina de Sfax comme le Groupe Med Business Holding..
Je serai le premier à applaudir et je serai curieux de voir la réaction de la Municipalité (recevant les directives de certaines personnes qui ne supportent pas Sfax) qui a mis pendant 20 ans les bâtons dans les roues contre toute plaisance à Sfax.. L'article l'a bien démontré