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Je voudrais à travers cet article exprimer les ressentiments des citoyens de la ville de Sfax et surtout évoquer leur grande amertume à chaque fois qu’ils circulent dans les différentes rues et avenues de cette ville où vivent environ un million d’habitants.
Absence de coordination entre les divers intervenants
En effet, lorsqu’une personne nous rend visite à Sfax, « grand pôle » industriel de la Tunisie, elle est choquée par deux aspects frustrants : le premier est l’état de saleté et de manque de salubrité qu’on observe à travers les tas d’ordures déposés un peu partout dans les rues annexes. Le second aspect concerne l’état lamentable des routes qui sont soit complètement découvertes (Znoks), soit "bitumées" mais couvertes de nids de poules voire même de " nids de dinosaures".
En analysant ce dernier problème de plus près, on constate qu’il est en grande partie dû à un manque de synchronisation entre la SONEDE, l’ONAS ou la STEG d’un côté et les municipalités de l’autre.
En effet, c’est très fréquent de voir des travaux de passage d’une canalisation quelconque (conduite d’eau potable ou usée, câbles téléphoniques ou électriques, conduite de gaz…) juste après le revêtement d’une route.
Il n’y a aucune planification entre les différents intervenants, chacun d’entre eux effectue son intervention quand ça lui plaît. L’absence d’un plan d’action commun à long terme ou même à moyen terme constitue la cause essentielle de cette anarchie au niveau de ces différents travaux.
Un exemple flagrant de ce désordre est la ceinture de Bourguiba Km 3 (en particulier le tronçon entre la route de Menzel Chaker et la route de l’aéroport) : une voie qui a été abimée très peu de temps après son revêtement afin de passer la canalisation de l’ONAS puis elle a été revêtue n’importe comment.
Résultat de l’affaire : une route censée être « large » est transformée subitement en un étroit "couloir" de passage: tous les automobilistes sont contraints de rouler dans la partie gauche, effleurant ou presque les rails de protection) , les dépassements se font à droite pour les personnes ignorant l'état catastrophique de la voie. Imaginez simplement les risques d’accidents qui peuvent avoir lieu: à droite en voulant éviter les trous, et à gauche contre la barrière métallique de protection!!!
D’ailleurs, la nature a bien voulu cette année tester la qualité de la chussée à Sfax
et puisque l’occasion s’est présentée, rappelons nous des pluies torrentielles qui sont tombées sur la ville de Sfax cet hiver. Il s’agit d’un excellent test de la nature pour vérifier si les travaux ont été réalisés dans les règles de l’art ou s’ils ont plutôt été bâclés et faits anarchiquement au moindre coût.
Malheureusement, nous avons tous constaté que c’était plutôt la deuxième réponse avec tous les dégâts causés aux automobilistes et même aux piétons. Je me tais et je cède la parole aux photos prises après la pluie : sans commentaires !
Stationnement en seconde et troisième position
Traitons maintenant le problème de stationnement au centre ville. Certes, le nombre de voitures dépasse de loin les quelques parkings municipaux. Cependant, ça ne peut être en aucun cas une excuse pour quelques automobilistes non civilisés qui se permettent de garer leur véhicule en deuxième position et font leurs courses sans se soucier du désarroi qu’ils peuvent causer aux propriétaires des voitures garées en première position.
Un autre pratique est entrain de gagner de l’ampleur à Sfax, il s’agit toujours de ce même problème de stationnement mais cette fois-ci en troisième position : c’est le scénario qu’on observe quotidiennement devant les écoles, les lycées en général et sur l'avenue Majida Boulila en particulier. Les chers parents, soucieux d’offrir à leur progéniture le maximum de confort, viennent les chercher aux heures de sortie. Ils préfèrent alors les attendre en face de la portière de l’établissement pour leur éviter de faire quelques pas à pieds. Imaginez alors les embouteillages qui se produisent surtout que cette scène coïncide généralement avec les heures de pointe.
Les solutions existent : il suffit d’un peu de volonté et d'organisation
Le second volet de ce dossier sera consacré à la recherche de solutions plausibles à ces divers problèmes afin d’améliorer la qualité de vie quotidienne de nos citoyens. Quelles seraient alors les issues qui peuvent être envisagées ?
▪ La première idée qui vient à l’esprit est l’amélioration du transport en commun : Nous espérons tout d’abord que le projet de métro de Sfax verra la lumière un jour et sera enfin concrétisé.
De plus, nous aspirons de voir à très court terme un parc d’autobus à la hauteur de cette grande ville. Fermons les yeux et imaginons pour quelques instants la scène suivante :
Des arrêts de bus équipés d’une simple carte indiquant les horaires de passage de l’autobus à chaque arrêt, des citoyens quittant leur domicile juste à temps pour prendre un bus propre, ponctuel, non chargé et conduit par un chauffeur responsable qui n’impose pas sa propre loi en s’arrêtant quand ça lui plaît et à l’arrêt qu’il veut.
N’est ce pas une image trop belle pour être vraie ? Pourtant, ceci est appliqué en Europe depuis plus d’un quart de siècle et je ne crois pas que notre chère Société Régionale de Transport de Sfax (SORETRAS) manque de personnes compétentes pour réaliser ce petit effort d’organisation.
▪ L’aménagement de l’infrastructure routière est aussi une solution qu’il faut mettre en place d’urgence en instaurant davantage de ronds points surtout à toutes les intersections entre la ceinture n° 5 (Km 1,5) et celle de Bourguiba (Km 3) d’une part et les routes principales de la ville d’autre part. D’ailleurs, les automobilistes ont tous constaté que tant qu’il y’a des ronds points, la circulation est d’une fluidité impeccable, mais du moment où ils disparaissent, les files de voitures se forment et deviennent de plus en plus longues en attente du fameux Feu vert. N’en parlons pas si la signalisation lumineuse est hors d’état de fonctionnement : c’est tout simplement la galère ! C’est d’ailleurs le cas du croisement au niveau de la route de Kaïed M’hammed et la ceinture de Bourguiba : un calvaire qui dure depuis deux ans ou plus.
▪ Je lance aussi une idée pour réflexion : celle des voitures « 2 places ». Cette solution n’est pas spécifique à la ville de Sfax, mais elle pourra être généralisée à toutes les villes de la Tunisie. En effet, pourquoi ne pas concevoir (ou importer) des petites cylindrées de deux places à très bon marché pour la circulation en ville.
Il est d’ailleurs malheureux de voir tous les jours des milliers de voitures dans des files d’attente interminables causant des embouteillages affreux et qui transportent une ou deux personnes seulement. Honnêtement, nous n’avons pas besoin ni de voitures spacieuses, ni de voitures puissantes pour nous rendre au travail. Une petite voiture de deux mètres de long ne dépassant pas les 50 km/h fera largement l’affaire.
Nous améliorons ainsi les conditions de circulation dans les centres-villes, nous réduisons le nombre de cyclomoteurs (cause importante de beaucoup d’accidents mortels) et nous contribuerons de plus à l’économie de l’énergie et au respect de l’environnement en minimisant les fumées et les gaz toxiques dégagés des pots d’échappement des véhicules.
Je tiens d’ailleurs à "saluer" l’audace et le "courage" des cyclomotoristes qui osent griller les feux de signalisation même en présence d’un agent de circulation, submergé par le flux de véhicules à gérer et qui fait de son mieux pour faire régner l’ordre des priorités !
▪ Enfin et tant qu’on y est, pourquoi pas le covoiturage ? Une solution de plus en plus utilisée dans les pays occidentaux. Elle est légèrement contraignante mais certes efficace et économique. En fait, il s’agit d’utiliser une seule voiture pour transporter un groupe de personnes qui n’habitent pas très loin les uns des autres et qui font le même trajet ou presque pour aller au travail. Il suffit alors d’utiliser à chaque fois et à tour de rôle la voiture de l’un des membres du groupe. C’est une belle occasion pour se voir, discuter et se détendre tout en faisant des économies et en préservant la nature.
A la fin de cet article, j’espère que mes critiques, constructives, n’ont offensé personne et qu’elles trouveront l’écoute nécessaire auprès des autorités compétentes afin de remédier à certaines lacunes et défaillances de notre infrastructure routière à Sfax. Ceci améliorera certainement la qualité de vie de nos citoyens et réduira considérablement leur stress quotidien.
Il est d’ailleurs inutile d’investir énormément d’argent pour atteindre cet objectif puisque les solutions qui ont été proposées ne nécessitent pas forcément un budget colossal mais plutôt de la volonté, une meilleure organisation et une planification bien réfléchie.
Auditeur Qualité Interne
Maître-assistant Habilité à l’ENIS (Sfax)
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Une vignette spécifique pour chaque région !!
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Autres photos de l'état des routes dans la ville de Sfax:
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