Bizarre ces jours ci le chambardement des valeurs, le désistement rétrograde des principes, la reconversion aveugle de certains gens vers la course inlassable pour le gain matériel et les distinctions narcissiques. Ce qui me sidère et laisse perplexe est que ce phénomène a atteint aussi la classe qu’on considérait la plus sage et élitiste : celle des scientifiques qui devraient normalement propulser l’image positive de notre beau pays, de notre histoire, de notre culture et patrimoine avec toutes ses composantes si typiques et si subtiles. Parmi nos marqueurs d’identité nationale il y’a l’olivier qui occupe une place prépondérante dans notre histoire celle qui a lié l’orient à l’occident et celle des carthaginois qui ont dominé la Méditerranée, l’olivier est aussi notre culture autour de laquelle notre mode de vie s’est organisé , l’olivier est aussi le symbole de notre pays tolérant debout et fertile comme l’arbre de l’olivier toujours éclatant de verdure et défiant les sévères caprices de la nature, l’olivier ça résume en quelque sorte notre identité de Tunisiens. Quand j’entend ces jours ci, à la radio ou lors des journées internationales Olive Bioteq organisés courant de ce mois, la campagne de dénigrement menée par certains scientifiques contre nos oliviers et Huiles et précisément contre la principale variété de notre pays qui est Chemlali (représentant 70% du nombre d’oliviers en Tunisie) je me sens trahis, dégoûté comme si quelqu’un nous a craché dans la soupe. Ce qu’ils disent c’est comme si les Français disaient que pruneaux d’Agen manquent de saveur ou les vins de Bordeaux sont un peu amers, ou si les Italiens disaient que le Fromage de Sicile n’est pas tellement moelleux. A quand on continue de sous-estimer nos produits de terroir ? Et à profit de qui ou quoi ?
Finalement, mon souhait est que nos scientifiques participeront par le biais de leurs techniques à valoriser nos produits nationaux et imposer nos critères au niveau international et non à chercher au peigne fins nos lacunes et les exposer à tout le monde et favoriser ainsi à nous sombrer dans l’alignement stupide dicté par les autres qui ne pensent qu’à tirer profit de nos faiblesses.
- 15/01/2010 - Bravo Messieurs les élus
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- 11/01/2010 - Zone bleue: les sfaxiens voient rouge!

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Je ne sais pas si vous faites référence à moi quand vous mettez les initiales N.K parce que c’est ça ce qui m’a été rapporté par mes collègues chercheurs.
En tous cas, je m’appelle Naziha Grati Kamoun et je travaille depuis presque 20 ans comme chercheur à l’Institut de l’Olivier.
Depuis mon arrivée à l’Institut, j’ai su que l’huile d’olive Chemlali est une huile figeable à des températures assez élevées et qu’elle est douce et parfois fade sans aucune odeur et saveur.
J’ai commencé mes recherches sur les ressources génétiques de l’olivier et leur valorisation vers les années 95. En effet, les travaux menés dans le cadre de mon doctorat ont porté sur la caractérisation biochimique des huiles d’olive tunisiennes et sur l’identification moléculaire des ressources génétiques de l’olivier. Ces travaux d’identification avaient pour objectif fondamental la conservation de nos ressources et leur protection de l’érosion génétique. Dans ce sens, je vous informe que nous avons fait la caractérisation et la conservation des génotypes de l’extrême sud de la Tunisie qui étaient effectivement menacées par l’érosion génétique.
Après avoir effectuée cette caractérisation, j’ai pu constaté et évalué la richesse et la diversité au niveau de nos ressources génétiques oléicoles et la spécificité de nos huiles qui n’étaient pas du tout connues et valorisées.
Or, consciente de l’importance capitale que représente l’olivier et l’huile d’olive pour l’économie tunisienne et ce qu’elle représente pour l’environnement, j’ai fait le pari dans le cadre de ma mission en tant que chercheur (recherche-développement), de faire connaître et de valoriser nos huiles mettant en exergue surtout les caractéristiques de l’huile Chemlali notamment ses qualités sensorielles.
En effet, je rappelle que dans toute ma production scientifique, notamment celle qui concerne l’huile Chemlali, je commence par introduire les qualités et la notoriété de cette variété en insistant sur sa résistance à la sécheresse, à sa vigueur et sa bonne productivité.
Concernant son huile, les analyses ont confirmé effectivement qu’elle contient un pourcentage élevé d’acides palmitique qui est parfois supérieur aux normes non seulement internationales mais également aux normes tunisiennes.
Toutefois, avec un bon choix de la période optimale de récolte, nous avons démontré (avec mon équipe) que nous pouvons obtenir une huile qui répond aux normes du point de vue physico-chimique.
En outre, en suivant les caractéristiques organoleptiques pendant plusieurs campagnes oléicoles, sur différents sites, nous avons été surpris de la qualité sensorielle excellente de cette huile contrairement à certaines idées reçues. En effet, nous avons mis en évidence que l’huile d’olive Chemlali présente une harmonie au niveau des différents attributs positifs qui sont le fruité, l’amertume et le piquant. En plus, cette huile présente les arômes d’amande verte et les fleurs de champ avec une intensité assez élevée notamment au début de la véraison des olives.
Ces constatations, étant différentes de tout ce que nous avons appris sur la Chemlali m’ont poussé avec la collaboration de mes collègues de l’unité de recherche à faire connaître les spécificités de la Chemlali.
En effet, dans plusieurs manifestations nationales, nous avons organisé des séances de dégustation des huiles d’olive monovariétales tunisiennes en mettant surtout en exergue les vertus des principales variétés dont la Chemlali et la Chetoui
En outre, j’ai contribué par mes recherches dans la promotion des huiles d’olive tunisiennes et la consolidation de leur image à l’échelle internationale en participant à des foires et des salons internationaux (ANUGA en Allemagne, les terres de l’olivier en Espagne, Medoliva en Italie) et en présentant les spécificités de nos huiles. Au cours de ces manifestations, les huiles d’olive tunisiennes ont été très bien appréciées, particulièrement l’huile d’olive Chemlali qui a gagné l’intérêt de la majorité des personnes présentes dans ces salons. C’est surtout en Espagne au cours de deux journées des terres de l’olivier dédiées à la Tunisie que cette huile a émerveillé les visiteurs qui ont pu apprécié son harmonie et sa typicité. Ces résultats ont été publiés et consignés dans mes rapports de mission et d’activité qui sont largement diffusés et lus.
Par ailleurs, conjointement aux travaux de caractérisation et de valorisation de nos ressources oléicoles, nous effectuons des recherches d’amélioration génétique de ces ressources afin d’augmenter la productivité et améliorer davantage la qualité des huiles. Ces recherches scientifiques ne sont pas incompatibles avec la défense de notre authenticité et ne sont pas à l’encontre de notre amour pour notre pays.
Personne parmi nous les chercheurs, à ma connaissance, n’a évoqué les OGM pour l’olivier non seulement parce que c’est un arbre sacré mais également à cause de l’existence d’une diversité génétique importante au niveau de cette espèce qui permet grâce à des croisements dirigés d’obtenir une infinité de nouveaux plants.
S’agissant des variétés étrangères introduites, nous avons effectué leur caractérisation et leur comportement sur tout le territoire et nous avons dit objectivement notre opinion sur ces variétés.
Au terme de cette brève mise au point, permettez-moi, cher Monsieur, de vous livrer les raisons qui m’ont poussé à réagir à vos allégations infondées :
Toute la communauté scientifique et professionnelle à l’échelle nationale et internationale est au courant des résultats de mes travaux de recherche dans le cadre de la promotion, défense et l’amélioration de la qualité de nos huiles, et surtout la variété Chemlali.
Je vous invite solennellement, si vous le désirez, à venir à l’Institut de l’olivier afin de constater sur le tas le fruit de notre production scientifique dans le but d’être mieux informé et plus à même de faire une juste opinion et ne pas tirer des conclusions hâtives sans fondements et diffamatoires.