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" Aucune région de notre pays ne pourra, non plus, demeurer à l'écart du processus de développement, que ce soit dans les campagnes ou dans les villes, dans le Nord ou dans le Sud. "
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05

Oct

2009

Il était une fois Sfax
(12 votes, moyenne 5.00 sur 5)
Écrit par Khaled CHAFFAI   
8 les remparts Enfin je me décide à intervenir dans ce forum pour parler du Sfax d’antan, la ville qui m’a vu naitre et grandir. C’est là que j’ai résolument choisi de finir par m’installer et de vivre, malgré les problèmes et les difficultés qu’on y trouve aujourd’hui.

Paradoxalement, l’essentiel des problèmes de Sfax semblent venir de ce qui serait normalement considéré comme des qualités qui lui seraient avantageuses, à savoir le dynamisme et la compétence notoires de ses enfants.
Juste après l'indépendance (aux années 60-70), au même titre que tout Tunisien qui a entrepris avec ardeur et mérite, les Sfaxiens ont pu réussir dans plus d’un domaine et accéder aux plus hautes fonctions, au grand dam de ceux qui considéraient que ces fonctions étaient du monopole de certaines régions.
Le parcours et le sort qui fut réservé au plus illustre économiste de l’époque en fut un exemple édifiant.

Dans le sillage des mêmes préjugés, la ville de Sfax ne fut pas épargnée. Elle fut arbitrairement considérée comme avantagée et trop bien portante. Elle fut de ce fait freinée dans son élan et tenue à l’écart de la croissance et du développement de l’ensemble du pays ; comme si cette exclusion était nécessaire à ce développement ou le rendait plus équitable et « quelque part » appréciable.
En contrariant la dynamique économique et culturelle de la Cité, on a poussé les élites à aller chercher ailleurs un cadre de vie, des conditions de travail et un avenir meilleurs. La ville désertée, « orpheline de ses enfants » se sent faible, lasse et meurtrie.

Je me rappelle de Sfax quand elle était de loin et sans pareille la deuxième ville du pays, quand on l’appelait sans complaisance la capitale du sud. Sa propreté et le civisme de ses citoyens étaient cités en exemple. C'était une belle ville à l’allure authentique avec une architecture harmonieuse, où il faisait bon vivre.
Les Sfaxiens qui avaient à l'époque l'une des plus belles plages de Tunisie se sont vu interdire l'accès à la mer du fait de l’implantation sur ses rivages des usines chimiques polluantes.
Je me rappelle, avec la nostalgie de ma jeunesse, du « Casino » de la « Plage Wirriot » où tous les samedis soir il y avait une soirée dansante. A quelques pas de là, à « l’Ecole de Natation » les jeunes s'épanouissaient dans des compétitions sportives nautiques auxquelles j'ai personnellement eu le plaisir de participer.

Hélas, tout cela est bien loin.

Mais plutôt que de se lamenter sur le triste sort, il faut penser à ce qu'il est encore possible de faire pour sortir Sfax de la morosité et de la léthargie où elle fut sciemment entraînée.
Il faut pour cela que les Sfaxiens ne se contentent plus d’attendre et d’en rêver et qu’ils commencent donc par changer de comportement et de mentalité.
Il faut qu’ils se remettent à croire en leur ville, à s’y investir et y investir, et à défendre avec courage et loyauté son statut de grande Cité et donc ses intérêts.

Khaled CHAFFAI


Commentaires (10)
  • Sellami Assad a écrit :
    Si khaled, les quelques lignes que vous avez écrits m'ont touché. Finalement on n'a que ce qu'on mérite. Les opportunistes ont quitté la ville pour d'autre cieux. Ceux qui sont resté, comme moi, n'ont peut être pas participer à la vie de Sfax. Politique, association etc... L'avenir est entre nos mains. Soit faire partir la jeune génération, soit participer à la vie de la ville pour des jours meilleurs.


    Il faut bouger, se mobiliser et s'impliquer dans la gestion de cette ville qui est la notre et où nous vivons! Sinon on risque de retomber dans le même piège pour 5 autres années! déjà qu'un groupe qui ne diffère pas trop de l'existant est en train de préparer le terrain pour leur candidat! Et croyais moi, ce monsieur n'apportera strictement rien à Sfax, il voudrait être président de la municipalité en remplacement.Ne laissons pas les incapables prendre la place, défendons là! Pour notre avenir et celui de nos enfants!

  • Sellami Assad  - IL faut être actif

    Si khaled, les quelques lignes que vous avez écrits m'ont touché. Finalement on n'a que ce qu'on mérite. Les opportunistes ont quitté la ville pour d'autre cieux. Ceux qui sont resté, comme moi, n'ont peut être pas participer à la vie de Sfax. Politique, association etc... L'avenir est entre nos mains. Soit faire partir la jeune génération, soit participer à la vie de la ville pour des jours meilleurs.

  • Anonyme  - re:
    Citer :

    Oui, mais la défendre contre qui au juste?
    C'est un peu comme défendre une mère dont la moitié de ses enfants souhaitent de s'en débarrasser.


    Il n'ont qu'à la jeter à la mer, on sera bien heureux de la récupérer pour notre propre usage! Bien que vieille elle pourra servir puisqu'on dit que c'est dans les vieilles marmites qu'on mage les meilleures soupes!
    Mais pas fous les enfants, ils veulent le beurre et l'argent du beurre. Plus que ça ils veulent le lait de la vache sans la nourrir.
    Pauvres de nous veaux affamés, beuglant notre faim, sommes nous sur le chemin de l'abattoir?

  • Anonyme

    Pourquoi personne n'a pensé au développement du port de plaisance parmi ces grands invetisseurs?

  • Anonyme

    Que faire quand ses propres enfants la désertent et lui tournent le dos?
    Les appels multiples aux grands chefs d'entreprise originaire de cette ville sont restées lettre morte (c'est le cas de le dire) et pour des raisons connues d'eux seuls, ils préfèrent faire l'autruche!
    qui va bien pouvoir aider cette ville à s'en sortir? les chinois??? ou les martiens????
    Non soyons sérieux, il faudrait de grandes initiatives, de grands investisseurs parce que Sfax est un terrain vierge à reconquérir!
    je salue en passant l'excellence de l'idée de création de la patinoire par la vedette égyptienne et la plus belle encore, celle de l'ouverture de la liaison maritime Sfax/Tripoli qui va impulser un essor extraordinaire au tourisme médical à Sfax!!
    Bravo encore.
    en pensant à ce qui reste à faire, développer le port de plaisance, Taparura...Sfax pourra retrouver très vite,sa place prépondérante, celle qu'elle a toujours eu par le passé!

  • Dali
    Citer :
    défendre avec courage et loyauté son statut de grande Cité et donc ses intérêts


    Oui, mais la défendre contre qui au juste?
    C'est un peu comme défendre une mère dont la moitié de ses enfants souhaitent de s'en débarrasser.


  • Anonyme

    Personne ne croit plus que sfax va un jour s en sortir tant que ce système de la diriger persiste, tant qu'il n' y apas une gestion autonome de la ville et de ses ressources dont elle ne profite pas.
    La boulimie de tunis et de sousse est insatiable

  • Le Gaz de Sfax fut expédié aux autres villes depuis des années et nous on était encore au stade des bouteilles à changer.
    Les représentants et les dirigeants comme celui du club sfaxien ont été envoye à tunis.
    l'argent de la siape et des autres industries va dieu sait où.
    Nos hommes d'affaires ont aussi été delocalisés vers la capitale
    Que nous reste t'il pour pouvoir dire que nous sommes une cité??? RIEN!
    Même les grands monsieurs de cette ville préfèrent ne rien avoir a faire ici pour ne pas facher ceux d'en haut!
    alors khaled, je comprend votre colère et votre constatation d'échec. nous sommes de ces marins fiers qui ne quittent pas un bateau qui coule.
    Accrochons nous et laissons nous aller avec lui.

  • Rafika Belhaj

    Tous nos respects si Khaled, je ne pourrai rien ajouter avec des larmes aux yeux.. Seulemnent la question qui se pose que peuvent faire même les plus richissimes, même les plus grands hommes d'affaire dans une ville ou manque de tout, C'est à l'Etat de mettre la base d'une infrastructure encourageante aux investisseurs.. Allons nous demander à Ben Ayed ou à Bousarssar ou à Chaabene de nous goudronner les znok, de réparer les routes ou d'activer l'aéroprt et le port??? Et la liste est longue de ce qui devrait se faire normalement..

  • Anonyme  - Si Sfax pouvait parler...

    Si Khaled, si Sfax pouvait se raconter aux jeunes générations, si elle pouvait leur dire que la vie était belle...
    Eux qui passent leur temps à se plaindre les pauvres de ce qu'ils subissent, des tracas et problèmes du quotidien triste et gris.
    Ils comprendront que le travail leur incombe pour justement faire de sorte que ça change.
    L'avenir est entre leur mains, à eux de s'impliquer pour que Sfax redevienne une ville où il fera bon vivre à nouveau.

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