Enfin je me décide à intervenir dans ce forum pour parler du Sfax d’antan, la ville qui m’a vu naitre et grandir. C’est là que j’ai résolument choisi de finir par m’installer et de vivre, malgré les problèmes et les difficultés qu’on y trouve aujourd’hui.
Paradoxalement, l’essentiel des problèmes de Sfax semblent venir de ce qui serait normalement considéré comme des qualités qui lui seraient avantageuses, à savoir le dynamisme et la compétence notoires de ses enfants. Juste après l'indépendance (aux années 60-70), au même titre que tout Tunisien qui a entrepris avec ardeur et mérite, les Sfaxiens ont pu réussir dans plus d’un domaine et accéder aux plus hautes fonctions, au grand dam de ceux qui considéraient que ces fonctions étaient du monopole de certaines régions.
Le parcours et le sort qui fut réservé au plus illustre économiste de l’époque en fut un exemple édifiant.
Dans le sillage des mêmes préjugés, la ville de Sfax ne fut pas épargnée. Elle fut arbitrairement considérée comme avantagée et trop bien portante. Elle fut de ce fait freinée dans son élan et tenue à l’écart de la croissance et du développement de l’ensemble du pays ; comme si cette exclusion était nécessaire à ce développement ou le rendait plus équitable et « quelque part » appréciable.
En contrariant la dynamique économique et culturelle de la Cité, on a poussé les élites à aller chercher ailleurs un cadre de vie, des conditions de travail et un avenir meilleurs. La ville désertée, « orpheline de ses enfants » se sent faible, lasse et meurtrie.
Je me rappelle de Sfax quand elle était de loin et sans pareille la deuxième ville du pays, quand on l’appelait sans complaisance la capitale du sud. Sa propreté et le civisme de ses citoyens étaient cités en exemple. C'était une belle ville à l’allure authentique avec une architecture harmonieuse, où il faisait bon vivre.
Les Sfaxiens qui avaient à l'époque l'une des plus belles plages de Tunisie se sont vu interdire l'accès à la mer du fait de l’implantation sur ses rivages des usines chimiques polluantes. Je me rappelle, avec la nostalgie de ma jeunesse, du « Casino » de la « Plage Wirriot » où tous les samedis soir il y avait une soirée dansante. A quelques pas de là, à « l’Ecole de Natation » les jeunes s'épanouissaient dans des compétitions sportives nautiques auxquelles j'ai personnellement eu le plaisir de participer.
Hélas, tout cela est bien loin.
Mais plutôt que de se lamenter sur le triste sort, il faut penser à ce qu'il est encore possible de faire pour sortir Sfax de la morosité et de la léthargie où elle fut sciemment entraînée. Il faut pour cela que les Sfaxiens ne se contentent plus d’attendre et d’en rêver et qu’ils commencent donc par changer de comportement et de mentalité. Il faut qu’ils se remettent à croire en leur ville, à s’y investir et y investir, et à défendre avec courage et loyauté son statut de grande Cité et donc ses intérêts.
Khaled CHAFFAI
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Il faut bouger, se mobiliser et s'impliquer dans la gestion de cette ville qui est la notre et où nous vivons! Sinon on risque de retomber dans le même piège pour 5 autres années! déjà qu'un groupe qui ne diffère pas trop de l'existant est en train de préparer le terrain pour leur candidat! Et croyais moi, ce monsieur n'apportera strictement rien à Sfax, il voudrait être président de la municipalité en remplacement.Ne laissons pas les incapables prendre la place, défendons là! Pour notre avenir et celui de nos enfants!