Banlieue sud - Nakta – Chaffar - Mahres
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Première partie: Sfax dans mon rêve 1 (Gare du Nord - IAS - Sidi Mansour - Kerkennah)
Troisième partie:
A l’arrivée à un grand carrefour, notre train touristique choisit de prendre le boulevard de l’Environnement, c’est la sortie pour la banlieue Sud : l’espace balnéaire par excellence. Ce boulevard est toujours au même endroit mais la différence est de taille : ni le regard, ni les poumons, sont dérangés par les épaisses colonnes de fumées gris-blanchâtres du fond, pas la trace d’une poussière, pas la moindre odeur, les plantes ont retrouvé une nouvelle jeunesse ; on peut maintenant rouler avec les vitres baissées. L’éclairage public ainsi que les balises bordant la chaussée pour l’indication nocturne ont un fonctionnement 100% solaire. Les gens, par groupe attendent devant des stations de « transport en commun », on a le choix entre le métro léger ou les petits bus bleus. Plus besoin d’acheter un ticket, pour régler, il suffit de glisser son porte monnaie électronique (sorte d’une mini-carte à puce) sur un petit écran à l’entrée du bus ou du métro.
Une flèche indique vers la gauche la direction des Salines, elle est gravée sur un grand cube de cristal limpide, comme pour rappeler la nature même du sel. Cet espace devient également une attraction touristique.
Immédiatement vers le Sud, en s’approchant du rivage, on traverse une large bande verte de grands arbres puis des arbustes fleurissants avant d’arriver à la plage. En fait, depuis le grand succès de « Taparura-plage », la bonne formule est appliquée immédiatement à la sortie sud de la ville : tout en libérant la dérive littorale naturelle, une alimentation artificielle en sable quartzeux sur six kilomètres environ a été tout de même nécessaire pour donner à cet espace côtier la splendeur qu’il mérite. Des banderoles publicitaires affichent : Centre d’Argilothérapie, Centre de Thalassothérapie - Hôtel-club les Remparts - Hôtel Murex - Hôtel «Halimeda Tuna» du nom de la sacrée algue carbonatée qui tapisse les haut fonds marins de la région. Il semble que l’arrêt total de la vieille usine de production des dérivés des phosphates a encouragé de grands investisseurs du Golfe pour venir opérer et s’installer dans la région.
TTs prends la route rapide à deux voies, on laisse à droite un panneau indiquant l’entrée vers l’autoroute A4 menant jusqu’à Tripoli puis le Caire ; il traverse maintenant le parc de Thyna et son prestigieux phare, le jardin botanique et les fameuses ruines romaines restaurées.
Trois kilomètres plus loin, toujours dans la direction de Nakta-Chaffar-Mahres, c’est l’émerveillement total, tout les 2 km ou presque, une gigantesque piscine d’eau de mer pompée traitée, renouvelée en permanence attirent des clients de toute catégorie, les enfants sont plutôt orientés «toboggan» et autres jeux aquatiques ; les nostalgiques préfèrent prendre un thé vert aux amandes dans le calme au bord de la mer tout en regardant vers les ramasseurs de crabes et de clovisses, à basse marée.
Quand je pense que Barcelone a vécu une histoire semblable à celle de Sfax, là je suis ravi de constater que « Sfax bat Barcelonne 2-0 sans appel ! ».
Enfin on arrive sur les plages dorées du « delta ». C’est le « Nakta-Chaffar-Mahres » ou comme on l’appelle aujourd’hui le « NCM Beach ». Ouvrez « Google Earth », jetez un coup d’œil sur les deux « bandes blanchâtres » en mer de part et d’autre de l’embouchure de l’Oued Chaffar, vous allez vous rendre compte vous-mêmes, c’est magnifique ?. Il s’agit de « flèches sableuses », bref : d’immenses plages à sable quartzeux fin doré s’étendant sur environ 8 km. Eh oui, la plage n’est plus seulement celle qui se trouve en face du village balnéaire central mais bien au delà car, après la libération de l'oued Chaffar de son encombrant barrage, situé 12 km à l'amont, on a réussi à combler en partie les zones des marais et à relier le corps sableux de la flèche sud avec la terre ferme.
Tout un complexe d’hôtels sur plusieurs kilomètres a pris place sur la zone remblayée, des touristes à vocation classique, des touristes passionnés de culture et d’histoire, des scientifiques, des hommes d’affaires et commerçants des cinq continents se réunissent ici, c’est plus agréable au soleil, on se détend et on mange mieux, ça coûte beaucoup moins cher que d’être dans un hôtel à Milan, Paris ou Londres y compris la location des salles pour visioconférence à distance; l’aéroport est à 15mn en voiture via le périphérique, Milan est seulement à 2 heures d’ici.
Sfax, en dehors de ses activités classiques : agricoles, pétrolières et de service, devient une plaque tournante du commerce méditerranéen et international mais également du tourisme écologique culturel et scientifique. Justement des circuits touristiques scientifiques sont organisés toutes les semaines à partir d’ici, plusieurs destinations sont desservies: les chaînes montagneuses du centre et du Sud, les laboratoires grandeur nature du Sud-Est, les sebkhas et les grands Chotts, le Sahara tuniso-libyen, Tamanrasset, Janet, le Hoggar… Tout le monde trouve son bonheur : historien, géographe, géologue, botaniste, archéologue et tous les autres amoureux de la nature et qui veulent croquer la vie à pleines dents.
Mon « VP » sonne 1 fois, puis continue à clignoter pour m’avertir que j’ai un appel vidéo-phonique, c’est mon fils que je n’ai pas vu depuis longtemps qui m’appelle depuis la Gare de Tunis et qui demande de mes nouvelles, je lui ai dit que tout va merveilleusement bien. Je vois sur mon petit écran qu’il n’est pas tout seul ; il me demande aussi si je peux venir le chercher à la « Gare-Nord » de Sfax dans 55mn, j’ai pas pu me retenir et je commence à avoir les larmes aux yeux, j’ai compris qu’il voulait me faire deux magnifiques surprises : me présenter sa future femme et m’emmener visiter son nouvel appartement sur les « bordures » de « NCM Beach ». Il a décidé, tout comme moi, de se réinstaller définitivement dans sa région natale.
Enfin (The End): j’entends la voix de mon enfant « quand il était encore tout petit » : « Papa Papa Papa, réveilles-toi, t’as pas l’habitude de rester au lit comme ça ! Oh STP, je risque de rater mon école » ; j’ouvre finalement les yeux, je me rends compte qu’on est encore au mois de mai 2007 ; il est 7h15, je dois vraiment me dépêcher… une pulvérisation dans chaque narine avant de glisser mon « spray buccal » dans la poche puis de me retrouver en plein milieu de la circulation.
Chokri Yaich
Première version de l'article sur wmc.com.tn
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