
Le début de l'histoire remonte jusqu'en août 2008, un membre du forum de Sfaxonline.com recherchait désespérément sur la toile un plan numérique de la ville de Sfax. Aucune carte, même partielle, n'existait ! Cela l'a révolté et poussé à proposer l'idée d'en créer une dédiée à sa ville natale. Rapidement plusieurs autres membres ont manifesté leur motivation et leur enthousiasme pour réaliser cette idée. Un groupe de travail s'est ainsi formé afin de travailler sur les détails techniques du projet. Quelques mois plus tard, en octobre 2008, ce groupe s'est mis sur le réseau social Facebook, l'équipe s'est élargie alors pour atteindre aujourd'hui 300 membres. Par ailleurs, cette initiative a attiré l'intérêt de la Presse nationale, un article a été publié par le journal Tunisien Le Quotidien décrivant le projet et le recommandant aux autres régions tunisiennes [1].
A peine six moins du lancement du projet, le noyau de cette équipe (5 personnes qui travaillent dans leur temps libre mais avec passion) a réalisé d'énormes progrès techniques et conceptuels . Une solution basée sur les logiciels libres a été déjà conçue, un concept du projet a été amélioré pour s'étendre au traçage de toutes les rues de Sfax avec l'utilisation des couleurs pour les distinguer. Une couleur spéciale pour les "znoks", une palette de couleurs pour indiquer l'état des chaussées des routes (du rouge pour une route totalement endommagée et du jaune pour les routes en bon état), d'autres couleurs pour les routes avec ou sans trottoir, etc. Cette carte servira aux automobilistes pour éviter les routes abîmées et également un outil aux autorités locales de l'équipement pour mieux définir les priorités à leurs projets.
Au monde, le numérique est la nouvelle tendance dans les grandes villes, on voit même qu'il y a des labels qui sont crées et dédiés à ce secteur. Par exemple, PARVI, Paris Ville Numérique, est un programme et un label sous lequel sont regroupées les initiatives de la ville visant à mettre tout le potentiel des avancées des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) au service des Parisiens. Il regroupe essentiellement l'administration numérique, ce qu'on appelle aussi e-gov, les services sociaux, la vie associative, le développement économique et scientifique, l'agenda culturel, etc.Il est vrai que la ville de Sfax ne dispose pas d'un programme visant à servir en ligne les citoyens, mais on peut tout de même espérer un avenir meilleur notamment quand il existe une réelle volonté des uns et des autres pour promouvoir ce secteur.
En effet, selon Monsieur Zouhaier Moudhaffer, Ministre Délégué auprès du Premier ministre, chargé de la fonction publique et du développement administratif, cinq millions de dinars sont alloués pour la formation au sein des Ministères.
En dépit de cette volonté, et hormis les mesures entreprises par l'état au niveau national, en l'occurrence le service d'inscription universitaire, le registre d'état civile, aucune mesure régionale n'a été initiée par une collectivité territoriale (Gouvernorat ou Municipalité). Ceci pourrait expliquer le positionnement modeste de notre pays sur le classement mondial du e-gov : 142 selon le classement de l'ONU, 106 selon le classement de la Banque Mondiale, 13ème au niveau des pays arabes.
Un novice de l'internet présume qu'il nous faudra des décennies pour rattraper le niveau des programmes européens (PARVI par exemple), tel est le cas en infrastructure et en transport, mais en TIC cette règle n'est plus valide. Avec beaucoup de volonté et peu de moyen, on pourrait atteindre et dépasser le programme PARVI en quelques années (pour ne pas dire quelques mois !). La preuve sur ça est très palpable : Un site dynamique tel que sfaxonline.com, propulsé par un groupe de bénévoles sans aucun support financier, commence à proposer une panoplie non exhaustive de services qui satisfait un bon nombre d'internautes, imaginons si les autorités locales viennent à l'aide de ce projet, que serait le rendement ?
Le cas particulier de Sfax, ville dotée d'une technopôle spécialisée dans l'informatique et le Multimédia et une université de 44000 étudiants, donne vraiment l'espoir de la voir un jour au top du numérique. La promotion de ce secteur pourrait venir même pour des raisons économiques, elle créera certainement une forte valeur ajoutée et participe ainsi à l'attractivité de la ville.
Si par exemple, la technopôle El-Ons héberge un ensemble de start-up travaillant sur des projets de TIC (e-gov, e-commerce, etc), et si les autorités locales apportent à ces jeunes entrepreneurs les supports financiers et administratifs nécessaires; les retombées seront forcement bénéfiques à tous où chacun des acteurs trouvera son compte : L'entrepreneur trouvera un marché pour son entreprise, l'état assurera un service pour ses citoyens et améliorera son classement international et par conséquent son attractivité et sa compétitivité, et finalement le simple citoyen trouvera à sa disposition un bon service à distance qui évitera son déplacement (gain énergétique et écologique) et sa perte de temps en attente (gain de rentabilité).
[1] : Article publié au journal Le Quotidien
[2] : Lien sur le groupe Projet Plan de Sfax sur Facebook

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Un nouveau nom pour Sfax: le gruyère!!!Pour justifier cette abondance de trous.
Bizarre que les sfaxiens habiles à faire flêches de tout bois n'aient pas réussi à trouver un moyen de faire des affaires avec ces trous!! Un terrain de golf géant? ou alors une reproduction du rallye Dakar