Energie et développement durable: où se situe la ville de Sfax?
Le prix du baril du pétrole ayant dépassé par moment les 140 dollars était à la fois un avertissement clair et un appel à tous les pays du monde, en particulier ceux du Sud, de s’orienter vers l’utilisation optimale des énergies fossiles classiques et orienter leur intérêt vers les énergies à moindre cout comme le gaz naturel ainsi que les énergies renouvelables (solaire et éolien).
En Tunisie on est, sans aucun doute et à tous les niveaux, conscient de l’importance du problème et de ses répercussions. C’est dans cet ordre d’idée qu’il a été décidé de généraliser la distribution du gaz de ville dans plusieurs villes du pays.
Seulement la distribution comme il se doit, est très inégale, puisque seules les régions de Tunis, Nabeul et le Sahel étaient alimentées en gaz de ville jusqu‘à une date récente. La décision d’alimenter la ville de Sfax en gaz de ville est relativement tardive. La source se trouve à proximité et c’est la compagnie BG (avec l’ETAP) qui produit le gaz au large de Sfax, quant au traitement, il se fait également à quelques kilomètres au Sud de la ville dans l’usine de Hannibal.
Depuis seulement quelques années, après un retard de plusieurs décennies, c’est la STEG qui a eu la lourde tache d’alimenter cette ville d’un million d’habitants. La raison invoquée pour justifier le retard: « tout est question de rentabilité économique du fait que la ville est très étalée ».
Bien sur, dès qu’il s’agit de la ville de Sfax, tout devient cher et inabordable et jamais rentable!! Mais on oublie que cet étalement urbain est une conséquence directe des décisions depuis un demi siècle, de faire de Sfax un pôle de transformation des phosphates, ce qui a engendré une situation environnementale catastrophique où la pollution chimique a sérieusement affecté terre mer et atmosphère? Cette situation a fait fuir progressivement la population qui a choisit d’habiter le plus loin possible du centre ville, souvent couvert par les nuages de poussières et de gaz toxiques (Dioxyde de soufre).
Puis ne pouvant plus retarder la décision, il a fallut penser alimenter la ville de Sfax au gaz de ville, mais la distribution se fait trop lentement, touchant une infime partie de la population (moins de 6 % à ce jour). A titre de comparaison et d’après les données propres de la STEG, on dénombre 8110 connectés seulement à Sfax en fin octobre 2009 contre 298658 dans le Grand Tunis et 58772 à Sousse.
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Ville
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Grand Tunis
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Sousse
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Monastir
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Nabeul
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Grand Sfax
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Nombre
de connectés
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298 658
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58 772
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24 990
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57 863
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8 110
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En principe, dans le contexte de maitrise de l’énergie et du Développement durable, les bonnes solutions ne devraient pas attendre autant, car le temps passe est pure perte…
Par ailleurs, la STEG pourrait déjà mieux informer le consommateur sur l’état réel des réseaux de gaz de ville actuellement disponibles. Le détail de ces réseaux pourrait figurer sur des cartes éditées par quartiers que le citoyen intéressé pourrait consulter sur le site web de la STEG par exemple. Il serait normal que les usagers sachent d’abord à quoi s’en tenir.
L’entrée en service cette semaine du nouveau champ gazier de Hasdrubal, situé au large de Sfax, dont la production va jusqu'à environ 100 millions de pieds cubes par jour et qui sera destinée pour le marché intérieur va t- elle inciter la STEG et les organismes de tutelle à chercher une "ingénieuse" solution pour accélérer le rythme de l’alimentation de la ville de Sfax en gaz???
Faut-il se contenter uniquement des services de la STEG?
Pourquoi ne pas engager à côté de la STEG d’autres organismes spécialisés?, car ilsemble qu’on se trouve maintenant dans l’obligation de rentabiliser au plus vite les gros investissements versés dans les nouveaux champs gaziers de la région !!!
Chokri Yaich
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C.Y.