L’unanimité se dégageait des différents témoignages et des diverses expériences pour dire combien l’agriculteur était confronté à d’énormes difficultés. Le cultivateur sfaxien, peinant un an durant dans l’attente de sa récolte, se trouve face à d’énormes difficultés, parmi lesquelles figure le coût sans cesse croissant d’une main d’œuvre se faisant de plus en plus chère et de moins en moins compétente.
De plus, les cours du marché n’obéissent plus - comme d’habitude - seulement aux fluctuations habituelles et plus ou moins prévisibles des récoltes et de la demande. Maintenant ces cours subissent aussi l’impact des importations massives et surprenantes opérées par des nationaux (privilégiés puissants et opportunistes), telles celle qui déversa un jour des milliers de tonnes d’amandes juste avant la cueillette saisonnière et malgré la prévision d’une excellente récolte locale .
Mais le plus grave sans doute, c’est le danger sans cesse croissant de voir les fruits d’une année de labeur et de patience s’évaporer un beau (mauvais) jour suite à un « raid » organisé par des bandes de malfaiteurs. Ces malfrats sont le plus souvent des habitants des régions où sont implantées ces cultures ou ceux des régions voisines, si ce ne sont pas certains soi-disant gardiens payés par les agriculteurs eux-mêmes pour veiller sur leurs biens. Parfois même, ces vols s’effectuent sous forme de hold-up armés, malgré la présence des gardiens et même en certains cas sous les yeux des propriétaires dont certains ont été victimes de blessures en tentant vainement de défendre leur unique source de revenus.
Certains agriculteurs ont tenté maintes fois essayé d’avertir les agents de la Garde Nationale, sans résultat, et la suite laisse à désirer : des centaines de propriétés attaquées, des milliers de kilos d’olives et d’amandes volatilisés, des vieux oliviers et amandiers saccagés, des dizaines de gens blessés et… pratiquement aucune arrestation.
Et l’un de mes interlocuteurs de préciser : Alors que le kilogramme des amandes vertes « louz frik » est vendu au marché de gros à 1,2 DT, des dizaines de « vendeurs » (voleurs?) ambulants le proposent dans les ruelles de la ville à 700 millimes le kilogramme !?
Cette situation devient désespérante pour nos agriculteurs dont certains se sentent de plus en plus frustrés et dégoûtés. Ceux qui parmi eux ont la chance d’avoir d’autres sources de revenus, pensent bien cesser d’investir et de s’investir dans ces magnifiques champs hérités de leurs ancêtres.
BEN AMOR Mohamed Mounir

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Encore des histoires qui parlent de l'olivier et de ce qu'on fait pour cette branche de notre agriculture.....