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2008

Tunisie, notre huile d’olive touchée par la crise ?
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Écrit par www.gnet.tn   

Les exportateurs peinent à écouler les quotas d'huile d’olive sur le marché européen. Tous se plaignent d’une baisse de commandes qui pourrait être due à la crise économique.

L’huile d’olive n’arrête pas de faire parler d’elle au cours de ces dernières années. Les Tunisiens rouspètent de voir ce produit du terroir, naguère incontournable, se renchérir substantiellement…jusqu’à devenir hors de leur portée. Les agriculteurs se défendent d’une quelconque exagération des prix à la production, invoquant les lourdes charges qu’ils ont à supporter. Les huileries, elles, ne sont pas en reste. Elles ne sont pas à court d’arguments pour justifier un prix du litre à 5 dt ou à 6 dt. Un tarif qui valse selon que la production est abondante, ou modeste.


Contrairement à l’année dernière soldée par une bonne récolte, et une excellente production d’huile d’olive ayant dépassé les 200 mille tonnes, cette année la récolte est moyenne et la production n’a pas dépassé les 150 mille tonnes. Une baisse qui pourrait doper encore plus des prix à la vente, jugés exorbitants. Pas si sûr, au regard de l’état des exportations, nettement en repli.

En effet, les professionnels font état d’une baisse de commandes dont ils n’arrivent pas à cerner les causes. Des solutions tardent à se dessiner et le Conseil Supérieur du Commerce Extérieur qui est en train de passer au crible, l’ensemble des secteurs à l’export, envisage de plancher sur l’huile d’olive. Ces réunions sont si urgentes dans une conjoncture de crise qui risque d’avoir des retombées redoutables sur nos échanges commerciaux avec l’étranger.

D’aucuns imputent la baisse à l’export de l’huile d’olive à la nouvelle législation adoptée par l’Union Européenne relative à la directive d’origine. Celle-ci stipule que l’huile embouteillée commercialisée en Europe doit impérativement comporter l’origine du produit, ce qui peut nous léser, a fortiori qu’on est confronté dans ce domaine à une concurrence rude des pays européens notamment de l’Espagne. D’ailleurs, l’Espagne annonce cette année une bonne récolte. Le lien avec la baisse des commandes pour l’huile tunisienne est vite fait étant donné que le made in Europe demeure privilégié sur le marché européen.

Une source officielle exclut, toutefois, que la directive d’origine ait eu un quelconque impact sur nos exportations. En effet, nos exportations sont constituées à 99 % d’huile d’olive en vrac. Les quantités d’huile emballées restent insignifiantes. Un fonds de promotion d’huile d’olive conditionnée, financé par les professionnels à raison d’une taxe de 0,5 % prélevée sur leurs revenus d’exportation, a été crée pour aider les exportateurs à développer la commercialisation de l’huile d’olives en bouteille.

Sauf que ce processus prendra du temps à se mettre en place, vu notre manque de traditions et de savoir faire en matière d’industrie de transformation d’huile d’olive.

Reste la préoccupation pressante et immédiate, celle de garantir un écoulement de notre production dans les quotas habituels sur le marché européen, notre principal client dans ce domaine, suivi de loin par l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis. Selon les contrats programmes conclus jusque-là par les professionnels, les exportations de cette saison s’élèveront à 120 000 tonnes. Alors que l’année dernière, 174 mille tonnes ont été exportées pour 782 millions de dinars de recettes. Le prix du litre à l’export a oscillé au cours de la saison 2007/2008 entre 3,5 DT et 7 DT. Celui du marché intérieur a varié entre 5 DT et 6 DT. Quant à la saison 2008/2009 qui s’étale de décembre à avril, le prix du litre a chuté, selon notre source, à 3,5 dt, voire 3,8 dt.

Un prix qui est amené à diminuer davantage. Notre interlocuteur soutient toutefois que certaines huileries récusent, vaille que vaille, de vendre au rabais, sous prétexte des coûts élevés de production et de la bonne qualité de leur produit. 

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