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" Aucune région de notre pays ne pourra, non plus, demeurer à l'écart du processus de développement, que ce soit dans les campagnes ou dans les villes, dans le Nord ou dans le Sud. "
Discours du Président Zine El Abidine Ben Ali - 7 novembre 2007.

23

Mai

2009

Lettre à ma ville
(1 vote, moyenne 5.00 sur 5)
Écrit par Nadia Dabbech - SfaxOnline.com   

Ma chère Sfax,

Sfax… 4 lettres qui ont bercées mon enfance… Je dis bercer car la vie y était douce… Mais qu’avons-nous fait de cette douceur ? Nous l’avons sacrifiée tel un enfant ingrat qui part sans plus jamais se retourner, nous t’avons délaissée, abandonnée à ton triste sort…

Moi aussi je t’ai quittée et quand on me demande quand j’y retournerai, pour une heure, un jour… Je réponds que je n’ai rien à y faire et pourtant… Hier, la fille d’une amie qui t’a connue dans un lointain passé et qui n’était pas retourné depuis bien des années a éveillé en moi un sentiment de tristesse je dirais même que je me suis sentie honteuse en entendant son récit… Cette amie n’a pas pu rester plus qu’une demie journée tellement tu lui semblais changée, transfigurée.
Son mari tenait absolument à entrer dans ta médina : « la plus belle médina de Tunisie lui a-t-il dit ! » mais elle n’a pas voulu, elle est restée là, prostrée, à te regarder sans te voir ni te reconnaître…

Alors je me suis fait une promesse, jamais plus je ne t’abandonnerai et si je n’ai pour richesse que ma plume, alors ainsi soit-il ! Je l’utiliserai pour réveiller la mémoire de tes enfants, ceux et celles que tu as vu grandir et qui t’ont livrée à l’oubli.

Aujourd’hui, nous ne sommes qu’une poignée à te défendre mais demain nous serons tous là pour te fêter.

Et à tous ceux et toutes celles qui doutent – et ils ne manquent pas -, qui pensent que le travail à faire est trop ardu, que le temps manque, je citerai juste les paroles d’une chanson… Toi plus moi, plus eux plus tous ceux qui le veulent, plus lui plus elle plus tous ceux qui sont seuls, allez venez et entrez dans la danse, allez venez, laissez faire l’insouciance… l’espoir, l’ardeur font tous ceux qu’il te faut, mes bras mon cœur mes épaules et mon dos je veux te voir des étoiles dans les yeux, je veux nous voir insoumis et heureux…

A bientôt ma terre nourricière.

Nadia D.
Commentaires (12)
  • Ons  - Révolté

    Sfax la bien aimée mais aussi la ville ou on vit un stress grandissant d'une année à l'autre, je partage avec vous cet air nostalgique pour le passé et chaque fois que je rencontre un de ses vieux qui me le rappelle je m'étonne pourquoi notre ville qui a étée batti par ces gens là vit maintenat une degradation aussi grave, je croix que la nouvelle génération de batisseurs a coupé totalement ses liens avec ses anciens, surement c'est la cause d'une modernité mal comprise ou l'on ne sait plus distinguer entre rêve de réussite personnelle et perte d'altroisme et de solidarité, on sombre dans un égoisme flagrant ou chacun pense à son profit personnel, ainsi ça marche partout

  • Mohamed Aloulou  - j'y crois

    Chère Nadia,
    Merci, c'est extra ce que tu dis, c'est rassurant ce que tu crois et ce que tu fais.
    Je te livre cette citation que vient de m’envoyer un ami :
    « Affirmer ce qu’on pense c’est convaincre » (Marcel Béliveau : ?)

    Mon cher Anouar,
    Je connais ta passion pour Sfax et le talent dont tu fais preuve en parlant d’elle.
    A mon avis il faut cesser de culpabiliser les Sfaxiens qui ont quitté Sfax. Je ne pense pas qu’il y ait un seul d’entre eux qui puisse ne pas aimer sa ville natale ou la ville de ses ancêtres. Ce qui fut assimilé à tort à une désertion n’était pas la cause mais la conséquence du déclin de Sfax, provoqué par une injustifiable négligence.
    Je pense que le destin de Sfax est avant tout entre les mains de ceux qui y sont restés.
    C’était à eux de soulever ses problèmes, d’en parler et d’en exiger la solution. Tout le reste doit être perçu comme un appoint, certes bienvenu et encourageant, mais sans plus.

    Merci à tous d’oser parler avec franchise ; c’est le début de la solution.
    J’y crois !!!

  • Anonyme

    "je dirais même que je me suis sentie honteuse"
    oui madame courageuse en reconnaissant votre honte de n'avoir pas être reconnaissante envers votre ville nourricière
    (vaut mieux tard que jamais) SFAX attend d'autres aveux de bcp d'autres pour qui SFAX n'est plus qu'un lointain souvenir parfois ( sombre )et qui fuient même l'idée d'y revenir en visiteur .

  • Nadia  - Sfax

    Si Anouar, j'ai lu avec beaucoup de plaisir votre poème "ma plate ville", les mots que vous avez employés sont d'une justesse... Sans nul doute, Brel l'aurait chantée pour nous...
    Je suis à Tunis moi aussi et j'essaie, notamment pour le projet de l'école à Sfax, de sensibiliser certains hommes d'affaires d'origine sfaxienne ; sans résultat malheureusement. J'ai même eu droit à quelques sourires en coin lorsque je leur parlais de la mobilisation pour que Sfax retrouve ses lettres de noblesse.
    Mais ce n'est pas cela qui doit nous décourager! Nul n'a jamais dit que ce serait simple ni acquis d'avance.
    Continuons tous ensemble, chacun avec son tribut.

  • FAKHER  - LE DESORDRE ABSOLU

    On en a mar de voir des revendeurs de produits agricoles sur la route de la ceinture N°5 sans donner l'importanse au piétant ,je me demande s'il existe encore la police municipale à Sfax?????

  • Rien n'est perdu mes amis, si on peut les secouer un peu et leur refaire prendre conscience de l'existence de cette ville qui a tant besoin d'eux, ses fils, qui veulent l'oublier.
    Je suis sur qu'au fond d'eux Sfax est toujours présente et qu'un ténu sentiment de culpabilité les étreint à sa pensée.
    Mais qu'ils se dépêchent de réagir et de répondre à son appel avant qu'il ne soit trop tard

  • merci ,si je peus me permettre ,car ce qui me désespère le plus ;c'est LA FATALITE et L'INGRATITUDE qui semble caractériser la grande majorité des SFAXIENS
    en particulier ceux qui ont eus "l'intelligence" de s'installer à TUNIS et qui parlent des sfaxiens en disant :VOUS la bas !
    PS j'espère que vous avez lu mon poeme :La plate ville

  • Nadia je te félicite pour ton super article très émouvant et surtout sincère , comme je te connais cet article viens du coeur , tu sais les sfaxiens qui vivent endehors de notre ville se rendent plus compte des changements , dans un sens ou dans un autre , sfax est déserté par ses enfants ,
    sfax n'est pas oublié comme on dit mais sa croissance est lente les projets mettent du temps à être exécuté ou oublié , des espaces verts inexistants ou négligés des tas d'ordure des routes impraticable et c....

    Sfax est dans mon coeur --- j'y suis j'y reste ---

  • bonjour ma jolie ville natale=sfax je ne toublira jamais moi qui ta quitee a mes 21ans maintenant jesuis 62ans et je reves que de toi =je suis mere et grand mere =mais je raconte a eux tout des bon souvenir ma cher sfax =quand jy pennse mon coeur me serre =je nest plus rien la bas que des souvenirs =jai perdu mes parents =mes amis =mes connaissance=pour le moment il yaura que des nouvelles generation =et il ne me connaissent pas =jaimerais retourner =cest mon reves =si quelqun peut lire mon commentaire et me connaissent =voulez vous mecrire sil vous plais =je suis mongia=trabelsi=nee a sfax =route de teniour=jai fait ecole cachat=primaire =lycee au secondaire mon email =mongia .trabelsi@yahoo.com.mariee dun belge 1968

  • Anonyme  - ville dénaturée

    J ai eu beaucoup d'émotions à la lecture de ce texte qui semble très sincère.
    C'est vrai que la victoire du club sfaxien a apporté beaucoup de joie et nous a fait oublier d'autres problèmes, mais ils sont graves comme par exemple ce lui de l amédina et il faudrait que les gens de Sfax ou d'ailleurs s'y penchent dessus et se mobilisent tous pour une aide franche totale et massive.

  • DESESPERE  - Triste constat

    Qu'ont-ils fait de notre ville? Comment avons-nous pu les laisser faire?
    Malheureux ceux qui sont partis en emportant un peu de Sfax dans leurs cœurs, et qui ont en vécu.
    Les retrouvailles ont toujours été très décevantes.
    Quelle différence entre ce Sfax du temps passé quand elle était une ville, une cité organisée, belle, propre, gérée par des responsables qui ressentaient et de l'amour et du respect pour elle.
    je pourrais vous citer M. qui aprés 7 ans d'absence et cette flamme, venue pour passer un mois cet hiver, repart aprés deux jours, l'autre celui de C. qui ne reste qu'une matinée celui de P., aprés trente ans chercha désespérément ce sfax qu'elle a connu et aimé.
    En vain!
    J'y suis retourné en 1987,animé des plus belles intentions du monde pour ce pays que j'aime tant, avec aux tripes cette passion Méditerranée, retrouver mon Sfax qui m'a fait vivre des années de lumière et de joie, puis voir s'étioler et se flétrir cette ville aux cours des ans.
    Qu'ont-ils fait de ta Médina, ******, par leur passivité et leur négligence? Ils t'ont détruit par excès de négligence irresponsable
    Et tes fils? Partis pour toujours en te tournant le dos à jamais, t'oubliant, t'occultant comme pour effacer de leur mémoire tout le bonheur que tu leur a donné sans compter durant leur enfance.
    Sans doute par honte. celle de te négliger ou pour faire taire leur conscience qui leur murmure du fond de leur âme, s'il jamais ils en ont une de conscience, honte sur vous, la ville qui vous a vu grandir vit la totale déchéance et vous appelle au secours.
    En vain aussi, ils restent sourds à tes appels.
    Regardez les Mahdois, qu'ils aillent à Tunis ou ailleurs, leur ville restera sacrée pour eux et seront les premiers à voler à son aide.
    Prenez exemple sur eux, réagissez pour Sfax, et arréter de vous dire que quelqu'un d'autres va s'en charger!!
    Sfax vous le rendra

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